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Opinion

Justice restaurative et violence de genre : réflexions de la docteure Diana Márquez

Diana Márquez
Présidente

Introduction

La violence de genre est une problématique complexe et multidimensionnelle qui exige du système de justice qu'il apporte des réponses efficaces et, surtout, transformatrices. Au cours de mon expérience, j'ai vu comment la justice restaurative peut compléter le traitement des infractions de violence de genre, à condition d'être appliquée avec le plus grand soin et en garantissant les droits et la sécurité des victimes.

Il est également nécessaire de distinguer la médiation de l'approche ou des pratiques restauratives afin de parvenir à un traitement adapté à cette grave problématique qui traverse notre société, sans oublier que les victimes de violence de genre, en grande majorité des femmes, ne sont pas incapables : elles peuvent et doivent avoir le droit d'affronter leur situation avec davantage d'options que celles qu'offre notre éventail extrêmement restreint de peines.

Le défi du pouvoir et de la sécurité dans les processus restauratifs

L'un des plus grands défis que j'observe dans la justice restaurative, avec ses pratiques et ses approches, en particulier dans les affaires de violence de genre, est l'asymétrie de pouvoir inhérente à ce type d'infractions. Les relations abusives, nous le savons, sont marquées par un déséquilibre structurel de pouvoir, où la personne auteure de l'infraction exerce un contrôle et une domination sur les victimes.

Justice restaurative et réparation intégrale dans les affaires de violence de genre

À mon avis, l'approche traditionnelle du système de justice pénale, centrée principalement sur la sanction rétributive, laisse de côté le besoin d'une réparation intégrale pour les victimes. La justice restaurative, telle que je la conçois, offre une approche beaucoup plus large qui ne se limite ni à la condamnation ni à une transaction pécuniaire, mais qui cherche à réparer le préjudice sur les plans émotionnel, transcendantal, relationnel et social.

La justice restaurative n'implique en aucun cas de minimiser la gravité des infractions ni d'éviter que les personnes auteures d'infractions assument leurs responsabilités. L'impunité n'a pas sa place dans la justice restaurative ; au contraire, ce que l'on recherche est une forme de responsabilisation profonde et transformatrice.

L'importance du consentement éclairé et de l'autonomisation de la victime

La justice restaurative repose sur le volontariat. Dans les affaires de violence de genre, ce principe revêt une importance cruciale. Pour moi, il est essentiel que les victimes participent à partir d'une position de force, en pleine connaissance des risques et des caractéristiques du processus restauratif, et que leur consentement soit entièrement libre de toute pression.

Le rôle de la communauté dans la réparation des liens sociaux

L'un des aspects les plus importants de la justice restaurative est le rôle que joue la communauté dans la réparation des liens brisés par la violence de genre. La violence de genre n'affecte pas seulement directement la victime : elle a aussi un impact profond sur toute la communauté. De mon point de vue, il est essentiel que la communauté s'implique dans les processus de réparation, car la violence de genre est un problème structurel qui exige une réponse collective.

Conclusion : une approche restaurative en complément de la justice pénale

La justice restaurative doit compléter le traitement des infractions de violence de genre, avec les précautions et les garanties dues aux victimes ; aucune législation ni convention ne l'interdit. Elle doit être une approche adaptée au cas par cas, personne par personne, et dans les contextes appropriés elle peut offrir une réparation véritablement intégrale, avec une communauté active qui prend soin et apporte son soutien pour changer et transformer réellement les logiques de violence qui nous traversent.

La culture restaurative, la logique de la bienveillance et du soin est une construction dans laquelle chacune et chacun d'entre nous peut s'engager.

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