La Sociedad Argentina de Justicia Restaurativa (SAJuR) exprime son soutien à la juge Laura B. De Marinis, titulaire du Juzgado Penal Juvenil, Contravencional y de Faltas n.º 3 de la Ciudad de Buenos Aires (tribunal pénal pour mineurs, contraventions et infractions de la ville de Buenos Aires), face aux menaces de procédure de destitution (juicio político) et à la plainte pénale engagées à la suite d'un jugement rendu dans l'exercice de sa fonction juridictionnelle.
Le contrôle de constitutionnalité et de conventionnalité est un devoir de toute juge et de tout juge. Une décision se réexamine, fait l'objet d'un appel et s'infirme : c'est à cela que servent les voies de recours, et le Ministerio Público Fiscal (ministère public) a déjà fait appel. Demander la destitution d'une magistrate en raison du contenu d'un jugement, ce n'est pas discuter la décision. C'est faire pression sur celle qui l'a signée. Et quand cette pression fonctionne, ce qui se perd, ce n'est pas une juge qui le perd : nous le perdons toutes et tous, car la prochaine décision difficile se prendra en regardant le bruit et non le dossier.
On a dit que cette décision « construit l'impunité ». Ce n'est pas ce qu'elle a fait. La juge a déclaré inconstitutionnel, pour ce cas, l'article 1 de la ley 27.801, qui a abaissé l'âge de la responsabilité pénale à 14 ans. C'est pourquoi elle a prononcé un non-lieu en faveur de l'adolescent, âgé de 14 ans, et a ordonné que la situation soit communiquée au Consejo de Derechos de Niñas, Niños y Adolescentes (conseil des droits des enfants et des adolescents) afin que l'État intervienne par la voie du système de protection intégrale.
Qu'un fait ne se termine pas par une peine ne signifie pas que personne ne le prend en charge. Cela signifie choisir l'intervention qui a le plus de chances que ce fait ne se reproduise pas, et que le préjudice causé trouve une forme de réparation.
Aux pouvoirs exécutif et législatif, aux acteurs politiques et aux médias, nous demandons que les jugements soient discutés par les voies de recours que la loi elle-même prévoit, et que la critique ne devienne pas un outil pour discipliner les magistrates et les magistrats.
Le contraire de l'insécurité n'est pas la sécurité : c'est le vivre-ensemble.
Sociedad Argentina de Justicia Restaurativa — SAJuR
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